{"id":554,"date":"2023-04-08T21:14:20","date_gmt":"2023-04-08T21:14:20","guid":{"rendered":"https:\/\/letrangerediefremde.de\/?p=554"},"modified":"2023-04-08T21:14:20","modified_gmt":"2023-04-08T21:14:20","slug":"louise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letrangerediefremde.de\/?p=554","title":{"rendered":"Louise"},"content":{"rendered":"\n<p>Quand l\u2019\u00e9t\u00e9 de 1954 s\u2019approcha, Louise demanda deux semaines de vacances pour le mois d\u2019ao\u00fbt. Parfois Louise regrettait de travailler dans ce petit cabinet m\u00e9dical, car ils n\u2019aiment pas se priver de leurs employ\u00e9s l\u2019\u00e9t\u00e9. Apr\u00e8s une longue discussion, la secr\u00e9taire c\u00e9da et lui agr\u00e9a 10 jours de vacances. Avoir r\u00e9ussi de s\u2019imposer rendait Louise le plus heureux qu\u2019elle ne l\u2019a \u00e9t\u00e9 depuis longtemps. Elle languissait la mer, elle avait marre des for\u00eats lorraines.<\/p>\n\n\n\n<p>En rentrant chez elle, elle s\u2019imagina d\u00e9j\u00e0 ce voyage longuement pr\u00e9vu entre amis. Il ferait chaud, il ferait beau. Elle sentit presque d\u00e9j\u00e0 les rayons de soleil lui chatouiller le nez et une brise circuler autour de ses \u00e9paules. Elle inspira, sentit l\u2019eau circulant autour de ses cuisses et l\u2019odeur des pins, transpirants dans la chaleur estivale.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle monta l\u2019escalier de son b\u00e2timent, jusqu\u2019en haut au quatri\u00e8me \u00e9tage, elle ouvra la porte de son appartement et se pr\u00e9cipita vers le t\u00e9l\u00e9phone pour composer le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone de St\u00e9phane. Entendant sa voix \u00e0 travers le combin\u00e9, son c\u0153ur palpitait.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;C\u2019est fait, maintenant plus rien s\u2019oppose \u00e0 Marseille&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Comment cela&nbsp;? Ils t\u2019ont accord\u00e9 des jours de cong\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Ah oui&nbsp;! As-tu des nouvelles de Lucie et Robert&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Figure-toi que j\u2019ai rencontr\u00e9 Lucie ce matin dans le bus&nbsp;! On se parl\u00e9 un tout petit peu. De l\u2019office de tourisme ils ont re\u00e7u une liste des campings proche de la plage, dont un qui s\u2019appelle \u00ab&nbsp;La Madrague&nbsp;\u00bb. C\u2019est pas trop loin de Marseille. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Louise sourit. Que des bonnes nouvelles l\u2019attendaient aujourd\u2019hui. Elle pausa pour un instant.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Est-ce qu\u2019entre-temps tu leur as avis\u00e9s de nous&nbsp;? Vous en avez parl\u00e9 dans les lettres&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Bah oui, alors, pas dans ce sens-l\u00e0, elle \u00e9tait un peu press\u00e9e aujourd\u2019hui et tu sais \u2013 je n\u2019y ai pas pens\u00e9 \u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vrai que Robert, Lucie, Louise et St\u00e9phane planifiaient ce voyage depuis qu\u2019ils avaient fini l\u2019\u00e9cole ensemble, il y a 7 ans, mais toujours quelque chose semblait s\u2019opposer \u00e0 leurs plans. Apr\u00e8s que Lucie \u00e9tait partie \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour ses \u00e9tudes, ils se sont perdus de vue et apr\u00e8s ils ne correspondaient plus que par lettres pour planifier ce voyage. Rarement leur vie priv\u00e9e ait trouv\u00e9 de la place dans ces lettres. Ils voulaient attendre pour se revoir, pour se parler, pour faire revivre le pass\u00e9, \u00e0 la plage, au coucher de soleil.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mois pass\u00e8rent et le jour du d\u00e9part s\u2019approcha. La voiture de St\u00e9phane fut charg\u00e9e la veille et Louise \u00e9tudia la carte routi\u00e8re pour la vingti\u00e8me fois. Il fallait prendre l\u2019A31\u2026 puis l\u2019A6\u2026 et ensuite l\u2019A313. Elle soupira et rangea la carte dans sa veste. Elle regarda St\u00e9phane, qui lui sourit. Elle ne pouvait pas s\u2019emp\u00eacher de sourire aussi. Le voyage avec St\u00e9phane. Avec Lucie et Robert. \u00c0 Marseille. St\u00e9phane ouvra une bouteille de vin. Pour mieux pouvoir dormir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain c\u2019\u00e9tait St\u00e9phane qui conduisait, car il n\u2019avait pas confiance en Louise comme conductrice. Elle s\u2019occupait de la navigation. Une fois que Robert et Lucie fuirent install\u00e9s dans le si\u00e8ge de l\u2019arri\u00e8re, Louise ne s\u2019arr\u00eatait plus de parler. L\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait agr\u00e9able, on s\u2019entendait bien, m\u00eame apr\u00e8s sept ans de s\u00e9paration. Louise voulait tout savoir, chaque d\u00e9tail du s\u00e9jour de Lucie aux \u00c9tats-Unis. Dans sa t\u00eate se form\u00e8rent peu \u00e0 peu des images d\u2019immense b\u00e2timent, de gratte-ciels. Elle ne pouvait m\u00eame pas s\u2019imaginer une telle hauteur sans avoir le vertige. Des images de gens dans les grands parcs, sur les larges boulevards et se pr\u00e9cipitant la nuit pour aller dans le prochain bar se construisaient dans son esprit. Ce ne fut pas longtemps jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle commen\u00e7\u00e2t \u00e0 s\u2019imaginer elle-m\u00eame \u00e0 la place de Lucie, parcourant la vaste ville de New York. Le temps passait vite et ils atteindraient leur destination avant midi.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s qu\u2019ils eurent mont\u00e9 la tente, ils d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019aller \u00e0 la plage. Robert prit les lunettes de soleil de Lucie et les mit ensemble avec son appareil photo dans le sac. On sentait l\u2019excitation pour la mer dans chacun des quatre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 peine install\u00e9s sous un parasol \u00e0 la plage, Louise courut vers la mer. Ses pieds faisaient l\u2019eau gicler, ses jambes bris\u00e8rent les vagues, tout son corps disparaissait dans le grand bleu. Elle se sentit vivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert la joint pendant que Louise cherchait des coquillages et St\u00e9phane profitait du soleil.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, ils pass\u00e8rent l\u2019apr\u00e8s-midi ensemble, en se baignant dans la mer et dans le soleil. Ils parlaient du temps pass\u00e9, \u00e0 plat ventre sur les serviettes. Ils se racont\u00e8rent des histoires des anciens camarades, ils rigolaient, s\u2019amusaient. Lucie et Robert ne furent pas surpris d\u2019entendre que Louise et St\u00e9phane \u00e9taient ensemble depuis quelque temps. Ils se montraient tr\u00e8s solidaires et pr\u00e9tendirent m\u00eame de le d\u00e9j\u00e0 avoir dout\u00e9 au lyc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a leur faisait du bien de se revoir et pour immortaliser leur rencontre, Lucie proposa de prendre des photos. Louise accepta volontairement et en prit de Lucie d\u00e9bout, la mer en arri\u00e8re-plan. Il fallait faire attention avec le sable pour qu\u2019il ne raie pas la lentille. Lucie se mit ensuite \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de St\u00e9phane et Lucie appuya sur le d\u00e9clencheur. Sur la photo, on ne voit ni le beau ciel bleu, ni les couleurs du parasol et du maillot de bain rayonn\u00e9 de Louise, ni le joli jaune du sable ou la peau olive de St\u00e9phane. Mais l\u2019absence de couleurs fut remplac\u00e9e par une gait\u00e9 sensible \u00e0 travers la photographie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour commen\u00e7a d\u2019atteindre sa fin, quand ils planifi\u00e8rent leur excursion \u00e0 Marseille le lendemain.<\/p>\n\n\n\n<p>St\u00e9phane s\u2019\u00e9tira lentement et b\u00e2illa.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Ah, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 l\u2019heure de dodo pour toi, St\u00e9ph&nbsp;?&nbsp;\u00bb, rigola Robert.<\/p>\n\n\n\n<p>St\u00e9phane sourit. Il \u00e9tait effectivement un peu fatigu\u00e9, le voyage \u00e9tait long, la nourriture \u00e9tait bonne et il \u00e9tait content.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;On pourrait retourner au camping, en fait, j\u2019ai froid aussi&nbsp;\u00bb, dit Lucie.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Moi je veux rester pour le coucher du soleil. Il est presque l\u2019heure&nbsp;\u00bb, dit Louise.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle les fit regarder par la fen\u00eatre&nbsp;: Le soleil s\u2019abaissa lentement, le ciel devenait l\u00e9g\u00e8rement rose. Malgr\u00e9 sa fatigue, St\u00e9phane restait avec Louise et ils dirent au revoir \u00e0 leurs copains. Les deux s\u2019install\u00e8rent \u00e0 la plage qui maintenant \u00e9tait beaucoup plus vide qu\u2019\u00e0 leur arriv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>St\u00e9phane contemplait Louise&nbsp;; elle brillait dans le soleil couchant, elle rayonnait de chaleur, de positivit\u00e9. Il l\u2019admirait, l\u2019adorait. Ses cheveux bruns prenaient une couleur de caramel, on aurait dit sa peau couverte d\u2019une couche d\u2019or.<\/p>\n\n\n\n<p>Il voulait bien la marier.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils parl\u00e8rent de la journ\u00e9e, des voyages pass\u00e9s, des voyages qu\u2019ils aimeraient encore faire ensemble. Du pass\u00e9, de l\u2019avenir. Des moments dr\u00f4les, des plans fous.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle rit, elle rit comme elle le faisait toujours. Son sourire en coin, qu\u2019il reconnaitrait parmi des milliers. Depuis leur premi\u00e8re rencontre, il l\u2019admirait pour son esprit serein, son caract\u00e8re positif et optimiste. Il s\u2019imagina ses enfants ayant le m\u00eame sourire qu\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Tu veux avoir combien d\u2019enfants&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Moi&nbsp;? Aucun&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle s\u2019arr\u00eata de sourire. Son regard devenait plus s\u00e9rieux, elle le regarda dans les yeux bruns.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Tu es la premi\u00e8re femme que je rencontre qui ne veut pas d\u2019enfants. N\u2019as-tu jamais imagin\u00e9 ton avenir avec des enfants&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Si, mais je n\u2019y vois pas le sens. \u00c7a t\u2019apporte quel avantage d\u2019avoir des gamins qui ne te font que des soucis, qui te coutent du temps et de l\u2019argent&nbsp;?&nbsp;\u00bb Elle baissa les yeux et ferma un bouton de son blouson. \u00ab&nbsp;Et d\u2019ailleurs tu connais la relation que j\u2019avais avec mon p\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Oui et je comprends\u2026 Moi aussi j\u2019ai parfois de doutes, mais j\u2019aimerais bien devenir p\u00e8re un jour.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle commen\u00e7ait \u00e0 fouiller dans le sable, en prenant une main pleine et laissant glisser le sable entre ses mains. Elle le r\u00e9p\u00e9tait quelques fois.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Moi je ne veux pas m\u2019attacher, ni quelque part, ni \u00e0 quelqu\u2019un. Tu sais, avec des enfants, il faut toujours respecter les vacances scolaires et des trucs comme \u00e7a. En gros, tu te limites, tu te prives de ta libert\u00e9. Et les enfants, ce n\u2019est pas une d\u00e9cision pour quelques ann\u00e9es, c\u2019est une d\u00e9cision pour la vie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le soleil atteignait le moment o\u00f9 le ciel devenait ce curieux m\u00e9lange de couleurs du rose, du vert, du bleu et du jaune.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;C\u2019est peut-\u00eatre un peu na\u00eff, un peu \u00e9go\u00efste\u2026 Mais je pense que les enfants apportent aussi beaucoup pour le d\u00e9veloppement personnel. Je ne veux pas m\u2019imaginer ma vie adulte sans enfants, sans parents quelconques, tout seul dans une maison de retraite sans aucun qui s\u2019occuperait de moi. Sans rien laisser derri\u00e8re moi quand je meure.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Et tu penses que le seul moyen de le faire, c\u2019est par la reproduction&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le soleil descendait lentement, s\u2019approchant \u00e0 l\u2019horizon. Le ciel devenait de plus en plus rouge.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;C\u2019est en tout cas le moyen le plus facile.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Louise d\u00e9tourna les yeux de St\u00e9phane. Elle observa le jour mourant.<\/p>\n\n\n\n<p>St\u00e9phane remarqua que le corps de Louise devenait tendu, raide. Il s\u2019approcha de Louise, l\u2019enveloppa dans sa veste pour lui donner un peu de sa chaleur. Elle se laissa tomber dans ses bras, resta immobile comme une poup\u00e9e. Son souffle frissonna la chevelure douce de Louise.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019elle disait apr\u00e8s un instant de silence \u00e9tait presque inaudible.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Je veux rester libre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il la serra encore plus fort, l\u2019embrassant la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab Tu crains la mort&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Non, et toi&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Louise ne le regardait pas. Elle observait le soleil, le soleil qui presque n\u2019\u00e9tait plus. Le soleil, qui se baignait maintenant dans un ciel d\u2019une couleur sanguine.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Moi je la crains. Je la crains \u00e9norm\u00e9ment. J\u2019ai peur de tomber dans l\u2019oubli.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab Franchement, je m\u2019en fous. \u00c7a m\u2019est \u00e9gal de ce que pensent les gens apr\u00e8s ma mort. Ils peuvent s\u2019imaginer ce qu\u2019ils veulent de ma vie. Et \u00e0 vrai dire, cela me d\u00e9range peu, car je ne peux ni l\u2019\u00e9viter, ni le contr\u00f4ler. \u00c0 quoi bon de s\u2019en soucier&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En quelques instants le soleil ne devait plus \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Tu n\u2019as pas tort.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ils rest\u00e8rent silencieux.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Que deviendra-t-on&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, elle le regarda. Ce qu\u2019elle voyait \u00e9tait le visage de son amant, d\u00e9form\u00e9 dans la p\u00e9nombre. Les yeux noirs sans lumi\u00e8re, ni ombre, se m\u00e9langeant avec la nuit qui les entourait de plus en plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle expira, son visage sans expression, sans \u00e9motion. \u00c0 l\u2019instant, elle chuchota.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab&nbsp;Aucune id\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ses yeux lui firent presque peur, elle ne pouvait rien y d\u00e9duire, ni \u00e9motion, ni pens\u00e9e. Il l\u2019embrassa tendrement, ses l\u00e8vres \u00e0 elle, froides comme de la glace.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soleil disparaissait \u00e0 l\u2019horizon. Sans s\u2019en rendre compte, ils retinrent tous les deux leur souffle. Pour une seconde, pour deux.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se lan\u00e7a dans les bras de St\u00e9phane, se cacha dans ses bras. Il la prot\u00e9gea, la tenait contre sa poitrine chaude. \u00c0 elle, la mort ne faisait pas peur\u00a0; le monde d\u2019apr\u00e8s sa mort ne la regardait pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-secondary-color has-text-color\">Teil des\u00a0<a href=\"https:\/\/letrangerediefremde.de\/?cat=29\">atelier d\u2019\u00e9critures<\/a>\u00a0zum Thema Fotografie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand l\u2019\u00e9t\u00e9 de 1954 s\u2019approcha, Louise demanda deux semaines de vacances pour le mois d\u2019ao\u00fbt. 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