Le matin à Paris, rentrer pour la fac, le soir à Paris

Je lève mon parapluie pour laisser passer les passants, je me cache moi-même sous ceux des autres, j’y disparais, un parapluie noir d’un de ces hommes qui décorent les rues de Paris. Ils se ressemblent tous, les femmes, elles aussi. Les gens de Paris. Ceux qui attirent mon attention sont l’homme qui dessine les grilles des portes, la fille qui fait un croquis d’une statue, les gens qui archivent, observent et surtout ceux qui lisent. Je me sens extrêmement à l’aise et mal à l’aise dans cette ville qui me fait oublier les injustices sociaux, qui m’a fait oublier la guerre, la crise climatique et les craintes de ma propre vie. Je déteste cette ville pour cela. Mon stupéfiant, ma drogue. Je me laisse ainsi flotter dans mes pensées, tranquillement, passivement. Des gouttes de pluie tombent sur mon nez, je lève les yeux et n’y vois rien qu’un nuage gris uniforme. Sous mes pieds, la terre vibre, s’avive, le métro s’enfonce dans la fourmilière que cache la ville. Une centaine de vies sous mes pieds et je ne connais ni leur noms, ni leur histoire. Un charnier. Les dernières feuilles tombent, forment un tapis bariolé au sol avant de disparaitre dans la boue. Cette ville me presse et force. La fatigue n’y existe pas.

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